Agriculture, alimentation, santé….. Depuis la nuit des temps l'homme utilise la connaissance scientifique et technologique pour comprendre la nature et tenter de la maîtriser. Alors que personne ne s'étonne des procédés "artificiels" que l'homme utilise  lorsqu'il cuit sa nourriture, se loge ou bien se soigne, des avancées fulgurantes comme celles en biotechnologie, chimie et en modification du vivant soulèvent l'épouvantail de l'apprenti sorcier. L'homme serait-il en train de créer du « contre-nature » ?

Le clivage commun qui existe entre  « naturel » et « artificiel » est foncièrement connoté d'un jugement de valeur : "Ce qui est naturel est bon alors que ce qui est artificiel est mauvais". Quelle conception a-t-on de ce qui est naturel et de ce qui ne l'est pas ? Il sera intéressant de mieux comprendre ce qui se cache derrière ce jugement de valeur , ses fondements historiques ou culturels, ... et leurs conséquences.

Une molécule de vanilline synthétisée, identique avec celle extraite du bâton de vanille, est artificielle parce qu'elle est créée par l'homme. Mais le bâton de vanille, n'est-il pas issu d'un plant de vanille arrosé, nourri et soigné  par l'homme ? Ce bâton de vanille n'est-il donc pas lui aussi artificiel ?

Lorsque des  croisements génétiques s'opèrent entre espèces, qu'une bactérie vient parasiter un autre organisme on considère qu'il s'agit de phénomène naturel. Lorsque c'est l'homme qui choisit de le faire, la mutation devient artificielle. L'homme est-il un être vivant « hors-nature » ? Pourquoi exclue-t-on son action du champ de la nature ? L'homme n'est-il pas non plus un « produit naturel » au même titre que le soleil, l'eau, l'air…. ?

Au-delà des jugements de valeurs entre naturel et artificiel, et de la place de l'homme dans l'évolution de la nature, c'est peut-être des conséquences directes de ces modifications de la nature qu'il faudra discuter. Quelles avancées en chimie, biologie, génétique, ont permis « d'améliorer » la nature ? En revanche, quelles autres modifications sont-elles en train de la détruire ?

Dans le cadre des rencontres CNRS Image et Science "Les mots de la nature", l'association Mille et une Sciences vous invite à débattre avec les intervenants invités .

LECTURES……

Titre : L'Homme artificiel. Golems, robots, clones, cyborgs
Auteur : Michel de Pracontal
Paru le : 23/04/2002
Editeur : DENOEL

Titre : L'intelligence de la nature. En quête du savoir
Auteur : Jeremy Narby
Paru le : 14/10/2005
Editeur : BUCHET-CHASTEL

itre : Par-delà nature et culture
Auteur : Philippe Descola
Paru le : 15/09/2005
Editeur : GALLIMARD

CONFERENCES…..

La distinction entre le naturel et l'artificiel à l'épreuve des nouvelles technologies
par Catherine Larrère (univ. Bordeaux II), Raphaël Larrère (INRA) et Bernadette Bensaude-Vincent (univ. Paris X) :
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=709

ARTICLES…..

ATTENTION : CHIMIQUES ! par Richard Emanuel EASTES
http://1001sciences.hautetfort.com/files/Eastes.pdf

 

 

 

  MAURICE CHASTRETTE, Ingénieur chimiste et docteur ès sciences physiques, est professeur émérite à l'université Claude Bernard à Lyon ; il a reçu en 1977 le prix de la division enseignement de la société française de chimie. Il est l'a uteur de « L'art des parfums » - Hachette Editions –  

PASCAL SIMONET, Directeur de Recherche au CNRS , il dirige une équipe intitulée « Transferts de Gènes et Adaptation Bactérienne » à l'Université Claude Bernard , Lyon I. Les objectifs de ses travaux sont de déterminer la fréquence des échanges d'information génétique entre les bactéries vivant dans le sol ou au contact des plantes, les mécanismes moléculaires impliqués ainsi que leur rôle pour permettre aux bactéries de coloniser des environnements très inhospitaliers. Ces travaux ont des applications pratiques comme par exemple l'étude des flux de gènes à partir des plantes OGM vers les bactéries du sol. Pascal SIMONET s'est également fortement investi dans un nouveau concept en microbiologie environnementale connu sous le nom de «métagénomique» basé sur l'extraction de l'ADN bactérien directement du sol et son étude après clonage dans une bactérie « domestiquée » comme Escherichia coli. Ces approches sont à l'origine d'une entreprise privée basée maintenant à Toulouse, LibraGen qui vise à développer de nouvelles enzymes et de nouveaux médicaments, en particulier des antibiotiques.  

JEAN-JACQUES WUNENBURGER, Professeur de philosophie générale, doyen de la faculté de philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon3 et Ancien Vice-Président à la recherche. Jean-Jacques Wunenburger est aussi co-Directeur du centre G.Bachelard de recherches sur l'imaginaire et la rationalité de l'Université de Bourgogne et chargé de mission au Ministère de la recherche. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les rapports de l'imaginaire et la rationalité (entre autres : La raison contradictoire, Albin Michel, 1990 ; Philosophie des images, PUF  1997 ; Questions d'éthique, PUF, 1993).

Directeur du DU "Philosophie du vivant" et du futur Master co-habilité avec Lyon1  "Culture et santé".

 

Le débat sera animé par Sébastien BUTHION et Christian GUYARD, membres de l'association Mille et une Sciences.