
Aujourd’hui la gestion des déchets nucléaires, dont certains seront dangereux pendant des millions d’années, pose d’énormes problèmes à l’industrie nucléaire du monde entier. En France, depuis 1991, une commission nationale d’évaluation (CNE) regroupant 12 personnalités scientifiques doit évaluer l’état d’avancement des travaux sur trois axes de recherche : séparation et transmutation, stockage en couche géologique profonde, conditionnement et entreposage de longue durée en surface. Fin 2006, un rapport global d’évaluation de la CNE doit être transmis par le gouvernement au parlement dans le but de choisir parmi ces trois modes de stockage.
La séparation et la transmutation visent à extraire des combustibles usés, des radioéléments à vie longue (dangereux longtemps), pour les transformer en radioéléments à vie courte. Cependant, le pourcentage d’éléments transmutés sera-t-il convaincant ? Que fera-t-on des déchets moins radioactifs qui subsistent ? Pourra-t-on assumer le coût économique et social de l’utilisation de réacteurs nucléaires nécessaires à cette transmutation ?
Le stockage en couche géologique profonde consiste à déposer de manière sécurisée les déchets radioactifs à 500 mètres sous terre. La barrière géologique devant retenir les éléments nocifs pendant des millions d’années sans intervention humaine. Mais peut-on aujourd’hui prévoir l’évolution d’un tel site sur des millions d’années ? En cas de problème, pourra-t-on accéder facilement à ces déchets ? Quelle commune se verra imposée un tel centre de stockage ? Entre oubli et normes de radioprotection qui évoluent, comment les générations futures s’adapteront-elles ?
Le conditionnement et l’entreposage de longue durée en surface et en sub-surface doit permettre une maîtrise du confinement de la radioactivité dans la durée et assurer une compatibilité avec un éventuel stockage ultérieur.
Cette méthode étant utilisée actuellement, quels seront les améliorations susceptibles d’être apportées ? Existe-t-il des failles dans le conditionnement d’aujourd’hui ? Alors que l’entreposage semble être prévu pour une durée de 100 à 300 ans, que fera-t-on de ces déchets à terme ?
En dehors de ces trois axes de recherche proposés par la loi Bataille, n’y aurait-il pas d’autres solutions? Bien que les discussions soient principalement axées sur les déchets radioactifs de haute activité, qu’en est-il des autres déchets beaucoup moins radioactifs mais produits en beaucoup plus grande quantité ? Le débat public national qui nous est proposé sur la problématique des déchets nucléaires donnera-t-il du poids à la parole citoyenne ?
LECTURES
Rapport sur l'état d'avancement et les perspectives des recherches sur la gestion des déchets radioactifs - Auteurs : Bataille Christian, Birraux Claude, Collectif - Paru le : 01/09/2005 - Editeur : DOC FRANC INSEE JO CEREQ CERTU
Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs - Auteurs : Cour des Comptes - Paru le : 01/01/2005 - Editeur : DOC FRANC INSEE JO CEREQ
Pour une gestion durable des déchets nucléaires. Quelles décisions ? - Auteurs : Le Dars Aude, Curien Hubert - Paru le : 13/01/2004 - Editeur : PUF
Que faire des déchets nucléaires ? - Auteurs : Monchicourt Marie-Odile, Piechowski Jean, Simon Alain - Paru le : 02/10/2001 - Editeur : PLATYPUS PRESS
Y a-t-il une éthique de la gestion des déchets radioactifs ? -
Auteurs : Loisel Jean-Pierre, Arnould Jacques, Andra, Barré Bertrand, Collectif - Paru le : 22/11/2004 - Editeur : VUIBERT
Une radioactivité de tous les diables - Auteurs : Gérard Lambert - Editions Bulles de sciences
Moi U235 , atome radioactif - Auteurs : Bernard Bonin, Etienne Klein et Jean-Marc Cavedon - Editions Flammarionx
Contamination radioactives : Atlas France et Europe - Auteurs : CRIIRAD, André Paris - Editions Yves Michel
et bien sûr le dossier du débat public « déchets radioactifs » actuellement en cours consultable sur www.debatpublic-dechets-radioactifs.org
JACQUES DELAY, Adjoint du directeur et chef du service scientifique du Laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne (l’ANDRA ) Agence Nationale pour la gestion des Déchets RadioActifs. Ingénieur géologue. Jacques Delay travaille depuis 20 ans comme ingénieur de recherche sur des études géologiques relative à la sureté des installations nucléaires. Au CEA, puis depuis 1992, à l'Andra comme hydrogéologue. Depuis 1999, il est responsable du service scientifique du laboratoire de Meuse/Haute Marne. L'activité principale de ce laboratoire est la conception, la réalisation et l'analyse de tous les types d'expérimentations à buts géoscientifiques menées à partir de forages ou de galeries du laboratoire de recherche souterrain.
FREDERIC RAVEL, Ingénieur de l’Ecole Nationale Supérieure de Physique de Grenoble et doctorat en Sciences des Matériaux. Fréderic Ravel est entrée au CEA (Commissariat à l’Energie Atomique ) en 1982 et à la Direction de l’Energie Nucléaire du CEA en 2001, comme Chef du Service de Recherches Métallurgiques Appliquées à SACLAY, il est aujourd’hui à la Direction de l’Energie Nucléaire , Adjoint au Directeur de la Prospective et de la Communication.
ROLAND DESBORDES, Physicien, il est président de la CRIIRAD (Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité ). La CRIIRAD a pour vocation de contrôler et d'informer les populations sur les pollutions radioactives et les risques liés au nucléaire, de veiller au maintien, à l'application et à l'amélioration des règles de contrôle et de radioprotection existantes et d'obtenir la mise en place de toutes mesures de protection sanitaire jugées nécessaires. Sa spécificité est d'être indépendante des exploitants du nucléaire, de l'Etat et de tous partis politiques.
Le débat sera animé par CATHERINE LOUSSOT doctorante en chimie Université Lyon 1.