LE SUJET

Notre société doit constamment prendre des décisions sur des sujets en partie scientifiques, nécessairement techniques et qui sont compris seulement par un petit nombre d'individus. Comment les politiques prennent-ils les décisions sur ces dossiers ? Qui sont ces fameux "experts" ? Dans cet exercice que pratiquent politiques souvent peu experts et scientifiques pas forcément au fait de la politique, l'opinion des citoyens concernés oscille entre crainte démesurée du savant fou et confiance aveugle envers "ceux qui savent". L'équipe de Mille et une Sciences propose au public de rencontrer chaque partie impliquée lors de son prochain "café sciences et citoyens" avec plusieurs thèmes pour aborder le sujet :

Le sens que l'on donne très couramment au mot "expert" est "personne qui a la connaissance, l'expérience". Comment passe-t-on du statut de "spécialiste", conféré par des diplômes ou des résultats à celui d'"expert" relevant davantage de la cooptation ? Cette distinction, qualitativement intuitive, est aujourd'hui remise en cause avec l'apparition de sujets controversés : la dangerosité des OGM est loin de faire l'unanimité parmi les experts (ou spécialistes) de la question, la transmission à l'homme de l'encéphalite spongiforme bovine (ESB) donne lieu à plusieurs hypothèses, l'effet de serre a quelques réfractaires parmi la communauté scientifique… L'expertise ne donne plus toujours des résultats tranchés et pour cause : les connaissances scientifiques comportent désormais une part d'incertitude.

Expertises juridiques, études commandées par les industriels sur leur propres activités, synthèses demandées par le gouvernement au vue de concevoir de nouvelles lois ou directives, études préalables à des aménagements… parler d'expertise en général semble bien trop vague. Quels sont les cas d'expertises qui rencontrent des difficultés ? Existe-t-il un "fonds d'expertises", sorte de règles et de connaissances bien acquises, permettant d'en connaître les bases comme les limites ?

Les cas d'expertises contradictoires ou donnant la part belle aux incertitudes rendent aujourd'hui nécessaire une plus grande implication du public dans le processus d'une expertise qui pourrait devenir plus "collective". Quel rôle peut-on donner au principal intéressé par les enjeux de société, le citoyen , dans la prise de décision ?

En nous appuyant sur des exemples concrets, passés ou en pleine actualité, nous essaierons de comprendre le rôle des experts et aussi de tirer les enseignements des errements passés pour améliorer l'expertise.


LES INTERVENANTS


Alain Bonnafous,
directeur de l'Institut des sciences de l'homme, Lyon.
Geneviève Decrop,
docteur de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, sociologue à Futur Antérieur.

Joseph Lieto,
professeur directeur du Laboratoire d'automatique et de génie des procédés à l'Université Lyon 1.

Franck Sérusclat,
membre honoraire du parlement, ancien membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques. Co-rédacteur de la loi Huriet-Sérusclat.

Débat animé par Pablo Jensen et Jean-Paul Thomas

 


UN PEU DE DOCS...

Entre savoir et décision,
l'expertise scientifique
Philippe Roqueplo
1999, édition INRA

Le savant et le politique
Max Weber
paru en 1963
aux éditions 10x18

Les experts, la science et la loi
article du Monde Diplomatique
par JACQUES TESTART
septembre 2000