Depuis une vingtaine d'années,
il est devenu possible de modifier tant le patrimoine génétique
des animaux que celui des végétaux...
Après la physique nucléaire qui permit de plonger au coeur
de la matière, la biologie peut désormais nous entraîner
au coeur du vivant et éventuellement nous permettre de le modifier!
Mais dans quelle mesure a-t'on le droit de modifier
le patrimoine des espèces vivantes et quels sont les risques
potentiels liés à l'introduction d'organismes génétiquement
modifiés dans l'environnement ?
Quelles conséquences, positives ou négatives, peut-on
en attendre dans les domaines de la médecine, de l'environnement
ou de l'agro-alimentaire?
Un an après la naissance de "Dolly",
le premier clone de mammifère, c'est à ces questions essentielles
pour notre avenir que nous vous proposons de réfléchir.
Ce débat est précédé d'une courte présentation
pédagogique sur ce que sont les manipulations génétiques.
Petit glossaire
Quelques bases de génétique
Pour la biologie moléculaire, tout le règne animal, des
levures aux hommes en passant par les plantes, toute cette diversité
cache en fait une grande unité, avec comme concept de base la
cellule, qui est présente comme la brique élémentaire
de tous ces organismes. Ces cellules ont en (très) gros la même
structure pour tous les types d'organismes vivants et c'est cette similitude
qui permet d'échanger des gènes entre d'une espèce
à pratiquement n'importe quelle autre.
noyau: contient les chromosomes qui détiennent
le matériel génétique.
cytoplasme: substance gélatineuse
comprenant les organites.
nucléole: constituant du noyau
nécessaire à la division cellulaire.
mitochondrie: "pile" énergétique
de la cellule
réticulum endoplasmique:
sorte d'Intranet (pour communication interne)
ribosome: synthétise les protéines
cellulaires.
lysosome: digère les aliments nécessaires
à la cellule.
pores membranaires: pour la communication
avec l'extérieur.
membrane cellulaire:
enveloppe protectrice
gène : séquence de nucléotides
constitutive de l'ADN. Cette séquence porte une information qui
va coder une protéine spécifique.
ADN (ou Acide Désoxyribo Nucléique):
c'est le support matériel de l'information génétique
chez tout être vivant. La molécule d'ADN est formée
par deux chaînes de nucléotides enroulées en double
hélice et il s'agit de la plus longue molécule connue
parmi les êtres vivants (dépliée, elle ferait un
mètre de long!).
protéine: Les caractéristiques
d'un organisme (les phénotypes) dépendent des protéines
qu'il fabrique. Chaque individu présente des phénotypes
particuliers c'est-à-dire un certain nombre de "caractères"
directement observables dont la plupart sont héréditaires.
Quel que soit le type du caractère considérée (forme,
couleur...) il dépend étroitement de la présence
ou de l'absence d'une protéine donnée, le plus souvent
une enzyme. Les anticorps, les hormones sont des protéines.
nucléotide: structure de base de
l'ADN, il se compose de 3 éléments fondamentaux, à
savoir un acide phosphorique, un sucre (le désoxyribose) et une
base azotée. Comme il existe 4 bases azotées différentes
dans l'ADN (Adénine, Guanine, Thymine et Cytosine), il existe
donc 4 nucléotides différents et c'est pour cela que l'on
dit que toute l'information génétique d'un individu s'écrit
en 4 lettres: A, G, T et C.
code génétique: c'est le
dictionnaire que la cellule utilise pour traduire le langage en 4 lettres
des acides nucléiques (de l'ADN) en un langage à 20 lettres
: les acides aminés formant les protéines. Les "mots"
du dictionnaire sont des triplets de nucléotides ou codons et
il existe 64 triplets possibles...
thérapie génique germinale:
celle qui va transmettre définitivement un phénotype donné
et nouveau à la descendance (cette thérapie est proscrite
chez l'homme). À ne pas confondre avec la thérapie génique
somatique qui change ponctuellement un caractère génétique
donné chez un seul individu, comme s'il s'agissait d'une greffe
d'organe (par exemple pour corriger une maladie génétique)
chromosome: structure particulière
qui résulte d'une condensation extrême d'une molécule
d'ADN avec diverses protéines. L'homme en a 23 paires, qui contiennent
TOUT son patrimoine génétique transmissible par les deux
parents dont les caractères sexuels (chromosomes X et Y)