
Quand les chercheurs tombent la blouse ...
Vendredi 25 septembre - A partir de 18h00
CCVA - 234, cours Emile Zola - Villeurbanne - Métro Flachet
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>> Ecouter les débats et la performance
A l’occasion de la Nuit des Chercheurs, vendredi 25 septembre, l’association Mille et une sciences, en partenariat avec le CCSTI du Rhône, a tenu à innover. Dépassant le traditionnel débat, elle a réunit le public, scientifiques comme simples passionnés, autour d’une question simple : qui est le Chercheur ? Des échanges « synthétisés » par le slammeur Mix Ô Ma Prose, lors d’une improvisation en direct.
« Bonsoir, bienvenu dans mon labo-oratoire où en ce début de soirée, tels des milliers de grenouilles vengeresses, nous allons disséquer des chercheurs pour enfin savoir ce qu’ils cachent derrière leur blaze comme derrière leur blouse, car les questions sont nombreuses. (…)
D’ailleurs est ce que les chercheurs passent vraiment leur temps à chercher ? Dans leur mémoire, dans leurs souvenirs, dans le dictionnaire, chercher un mot, un renseignement, chercher la sortie, la petite bête, midi à quatorze heure, un salut dans la fuite, dans la suite des idées, chercher du regard, des yeux, chercher secours, chercher fortune, chercher leur style, chercher à savoir, à rassurer, à se faire aimer, chercher l’âme sœur, chercher la femme, chercher un appartement, un colis à la poste ou leurs enfants à l’école…
Ou est ce que comme Picasso ils se piquent à ce jeu et déclarent : « Je ne cherche pas, je trouve ! »
Mais que trouvent-ils alors ? Leur place, leur chemin, du plaisir, leur voie, une situation, du travail, leur intérêt ? Y trouvent-ils leur compte, la parade, le temps long, à redire, le mot juste, la clé de l’énigme, la solution du problème, le secret de l’équilibre ? Y trouvent-ils chaussure à leur pied ou parfois porte close ? (…)
Une des attractions de la Nuit des Chercheurs : s’exprimer sur sa vision du chercheur, par le biais de petits post-its. (Photo: CCSTI du Rhône)
Premièrement : Qui est-il ? Un mot pour décrire un chercheur
En effet qui sont ces drôles d’animaux qui peuplent ces lieux bizarres appelés laboratoires ?
Nous sommes là pour confirmer le non-conforme des idées que l’on se fait sur la recherche quand trop souvent encore on les imagine barbus avec lunette et blouse, qu’on les voit comme ces professeurs qui tournent seuls dans leur labo. Doutant et redoutant, illuminés ou allumés, ils ont la foi, le feu sacré. Mais ici rien de mystique, mi toc, car ils ont seulement la foi en la recherche ! Parce ce qu’avant tout, le chercheur est un passionné qui reste un bébé devant ses éprouvettes. D‘ailleurs comme ils disent : « Peu importe l’éprouvette pourvu qu’on ait l’ivresse ! »
Le chercheur a également foi en sa raison car la science fonde un mental. Et ce n’est pas parce qu’il aime la manipulation et la dissolution que c’est un homme de pouvoir, au contraire il garde un esprit très ludique comme l’atteste cette célèbre boutade « Mets ta physique et paye ton thé-o-rème ! »
Mais dans tout ça, est ce qu’il sait ou est ce qu’il ne sait pas ? Une chose est pourtant sure : il sait qu’il ne sait pas, ça va, ça vient, c’est savonneux, ça vise la suite sans qu’il ne trouve ça vain et cherche sans cesse. (…)

Le slammeur Mix O Ma prose, en pleine performance (Photo: Thierry Fournier - Université de Lyon - CCSTI du Rhône)
Deuxièmement : Pourquoi le chercheur cherche t-il ?
Pour comprendre mais faut-il le prendre comptant ? Pour gagner sa vie ou pour perdre son temps ? Rester vivant ou tester les limites de la vie ? Est-ce pour se débarrasser de ses tensions, mettant ainsi dans la science frictions ? Est-ce que c’est un métier à tisser des préjugés ?
Une chose est sure, c’est que c’est le propre de l’homme de chercher, c’est ancré dans l’humanité comme mes mots sur cette page, c’est profondément humain. Ce sont en somme de grands enfants qui cherchent avant tout par passion, pour ne pas être passifs, participer sans se « précipité », « creuset » un peu plus, repousser les limites. (…)
Mais dans tout cela, la publication de ses recherches est-elle son but ? Est-elle une dérive des rêves qui l’animent ? Trouve t-il ça bat ? Est ce l’éclate ? Entre orgasme et angoisse, mille engrenages se graissent à la lumière de la flamme de la recherche qui brille dans leur regard allant parfois jusqu’à les consumer quand ils dévoilent leurs résultats au monde entier, publications qui constituent aujourd’hui le baromètre de la recherche avec son lot de pressions ! Néanmoins s’ils se grisent de grosses avancées c’est bien petit à petit, peu à peu, pas à pas, que la science avance ajoutant chaque jour à son répertoire de nouvelles facultés.
Troisièmement : A quoi rêve le chercheur ?
A la vérité ? A la réponse, à la retraite, à battre en retraite les limites ? Les chercheurs sont une famille que l’on peine à quitter, s’acquittant souvent mal de son statut de retraité. D’ailleurs nostalgique le chercheur ne dira jamais « je suis à la maison » mais « je suis at home » !
A quoi rêve un chercheur ? Soulever un dinosaure ? Voler ? Y a-t-il un côté fantastique voire fantasque chez lui ? Se voit –il comme un électron libre ?
Toutes ces questions resteront en suspends car il y met un bémol et cultive son jardin secret, préservant ce mystère qui lui va si bien…
Alors voilà, J’eurêka-siment fait le tour ! J’eurêka-talysé toutes les questions ! J’eurêka-lligraphié ce débat ! J’eurêka-pitule pas et en conclusion nous ne pouvons que souhaiter que la science reste humaine, profondément humaine.
Mix Ô Ma Prose
Extrait de la performance
Mix Ô Ma Prose, qui est-il ? "Venu par hasard, parrainé par personne, parano partout et surtout pas aux normes… Enfant des eighties éjecté sans tact d'une enfance taclée dans le chaos d'une ado- l'essence miraculeusement préservée. Parcours au cœur d'associations, théâtre de rue, peintures, performances, poésies, chroniques culturelles, avec l'écriture comme un cri, tic gravé en son fort qui fera du slam son affaire. Pilier des Scènes Rhône alpines depuis leur début en Janvier 2002. De théâtres, collèges, lycées, centres sociaux, médiathèques, salles de concerts, festivals et autres, avec plus de 500 scènes à son actif il ne cesse d’œuvrer pour le développement et la pluralité de sa discipline. Fondateur des Polysémiques et co-fondateur de « La Tribut du Verbe », on le retrouve également au travers de divers collectifs, dont le « CIEELL » (Constellation d’Improvisation d’Ecriture Ephémère Ludique Lyonnaise), et de projets aussi variés que « Les dix mots de la langue française, la tournée « Picabora », ou encore « Gore-text » et son électro drum n’ bass spoken word …" |
Nuit des Chercheurs : Villeurbanne a eu sa Nuit des Chercheurs cette année. Pilotée par l’Université de Lyon, via le CCSTI du Rhône, la manifestation a été l’occasion de rencontrer les chercheurs « en direct ». Fruit d’une collaboration entre des artistes et des scientifiques, la manifestation a permis au public de découvrir grâce à différents supports (vidéos, photos, dessins, interventions scéniques, expositions) la réalité de la recherche dans un cadre ludique et dynamique. Malgré la grève des TCL, près de 500 personnes ont participées à cette Nuit un peu spéciale.
(Photo: Thierry Fournier - Université de Lyon - CCSTI du Rhône) |
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