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Cafés 2009

 

Changements climatiques : peut-on agir ?

Samedi 7 février - 11h00 à 13h00

Patio de la médiathèque - 6, allée de l'Europe - 69170 Tarare

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Les préoccupations environnementales sont plus que jamais au cœur des échanges politiques. Afin d’identifier les freins et les actions de lutte contre le réchauffement, Mille et une sciences a organisé le 7 février un café-débat spécial climat, en partenariat avec la Ville de Tarare et le CCSTI du Rhône.

Les intervenants du café-débat de Mille et une sciences ont répondus à toutes les questions du public. (Photo: Médiathèque de Tarare)

Agir, oui, mais comment ? La question de la production et de la consommation d’énergie est centrale et ce sont des interrogations très concrètes qui attendaient les intervenants invités. La première d’entre elle : « Quel type d’énergie renouvelable devrait-on développer en priorité ?». Pour Julien Renucci¹, de l’association Hespul, il s’agit de trouver la solution adaptée aux besoins de consommation. L’énergie renouvelable utile sera donc différente si les besoins sont thermiques ou électriques par exemple. En France, plus de 40% de la consommation d’énergie est dédiée aux bâtiments. Hespul aide les particuliers et les collectivités à opérer des choix concrets dans ce domaine, en commençant par une isolation et une utilisation des locaux moins énergétivores. Chaque Français est à l’origine de 9 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an, l’objectif étant de descendre à 2,5 tonnes, pour limiter le réchauffement climatique à 2 °.

Des objectifs pour le futur
Pour arriver à cela, contrainte, sensibilisation, incitation de chacun et de tous les pays demeurent nécessaires. Des objectifs mondiaux sont ainsi définis pour diminuer l’émission des GES. Ils sont adaptés aux pays avec des exigences différentes. Ainsi pour l’Europe, l’objectif à atteindre d’ici 2050 est de diviser par un facteur 4 les émissions de GES. Pour la Chine, l’objectif est de diviser ces émissions par un facteur 2 car aujourd’hui un Chinois produit 3 fois moins de dioxyde de carbone qu’un Européen. Depuis 1992, des progrès ont été faits dans les secteurs agricoles, industriels et des déchets, alors que le secteur du bâtiment et du transport continu de croitre.
Pour le climatologue Hubert Gallée², également intervenant au débat, le cycle de l’eau commence déjà à être perturbé : fonte des glaces, élévation du niveau des océans, augmentation de la température des eaux et des concentrations de vapeur d’eau (principal gaz à effet de serre). Ce contexte favorise certains phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les cyclones. Hubert Gallée souligne que « si nous continuons, dès 2050, avec une augmentation moyenne 2 à 6°C, le cycle du carbone peut s’emballer. Les océans cesseraient alors d’assimiler le CO2 [ndlr, autre GES] pour au contraire en rejeter. Les conséquences seraient alors importantes, à commencer par la difficulté d’adaptation des végétaux. ». En France, les climatologues prévoient des hivers moins froids (3°C en moyenne) mais pluvieux, et des étés avec pic de température élevé, tout à fait comparables à la canicule de 2003. Les pays situés plus au nord deviendront davantage attractifs pour les habitants du sud. Nous nous orientons donc vers une réorganisation des sociétés.

Julien Renucci (gauche) et Hubert Gallee (droite), les deux intervenants du débat. (Photo: Médiathèque de Tarare)

Les actions du consommateur
Les actions du citoyen face à ces prévisions sont nombreuses. A titre individuel, la réalisation de son propre bilan carbone⁴ permet à chacun de savoir sur quels facteurs agir. L’utilisation de transports en commun, de transports d’entreprise, ou le covoiturage peut également être un moyen d’action efficace. L’éducation des enfants, de l’entourage ou les élections sont autant de leviers pour amener un changement progressif. Dans le domaine des bâtiments, certains organismes sont maintenant à même de conseiller les architectes et urbanistes. « Il faut ramener notre consommation moyenne à 250 kWh/m²/an pour le chauffage et l’eau chaude et à 50 ou 80 kWh/m²/an pour les bâtiments neufs ou rénovés » rappelle Julien Renucci. Afin d’aider les particuliers et entreprises à agir, des actions gouvernementales sont proposées : crédit d’impôt et emprunt à 0% d’un côté, diagnostic de performance énergétique obligatoire et réglementation plus contraignante de l’autre. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes. A chacun de juger et d’agir.

Alain Chaumette

¹. Conseiller Energies à l’association Hespul pour le territoire « Beaujolais vert ».
². Directeur de recherches au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement de Grenoble (CNRS/Université Joseph Fourier)
³. Partie par million
⁴. Sur le site www.leclimatentrenosmains.org

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