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Cafés 2008

 

Quel ordinateur pour le futur ?

Lundi 1er décembre - 18h45 à 20h45 - Café de la Cloche

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Pour résoudre certains problèmes complexes, il faudrait à nos PC actuels des milliers d’années. Avec un ordinateur à ADN ou un ordinateur quantique, quelques secondes suffiront !

Hervé Fanet, Florent Becker, Philippe Jorrand et Eric Guichard, les quatre experts invités pour répondre aux questions du public. (Photo: A. Montagne)

Plus petit, sans clavier, moins consommateur d’énergie, moins cher, capable de prendre des initiatives. Mais aussi plus facile d’utilisation et à l’interface plus conviviale. Tel est le portrait robot de l’ordinateur de demain, dressé par le public participant au débat, organisé par l’association Mille et une sciences, le lundi 1er décembre sur le thème « Quel ordinateur pour le futur ? »
« Les laboratoires de recherche et les industriels de la microélectronique travaillent dans ce sens. Ils tentent de répondre aux exigences du grand public en créant des appareils informatiques moins coûteux, aux composants miniaturisés, avec une interface homme-machine différente. Les claviers et souris seront d’ici peu des outils du passé » précise un des experts-invité du débat, Hervé Fanet, ingénieur au LETI-CEA¹.
La tendance est au développement d’interfaces comme les casques d’immersion, écrans tactiles, commandes dirigées par la pensée… Les PC seront également équipées d’ici  quatre ou cinq ans, non plus d’un unique processeur de grande puissance mais par des circuits intégrant chacun un grand nombre de processeurs, à la plus grande capacité de calcul et moins consommateur d’énergie.

Une trentaine de personnes sont venus participer aux débats. (Photo: A. Montagne)

Des machines incroyables
Mais le monde de la microélectronique a ses limites. Pour les machines classiques faites de Silicium certains problèmes complexes resteront insolubles. Afin de les résoudre, d’autres technologies sont explorées : l’ordinateur quantique ou encore à ADN !
L’informatique quantique exploite certaines propriétés des particules élémentaires qui composent la matière - la superposition et l’intrication des états quantiques - pour représenter, traiter et communiquer des données. « Dans un ordinateur traditionnel, l’information est organisée en bit de valeur 0 ou 1 » explique Philippe Jorrand, invité au débat en tant que responsable du groupe d’étude sur le traitement de l’information quantique au LIG². « L’ordinateur quantique travaille lui sur le quantum bit contenant des données superposées : il vaut 0 ou 1, ou les deux à la fois, un peu de l’un et beaucoup de l’autre, ou inversement. Changer l'état d'un qubit peut changer celui d'un autre avec lequel il est intriqué ». Tous ces états sont traités en simultané, rendant possible de nombreux calculs combinatoires, exécutés en un temps record. Là où une machine classique mettrait des milliers d’années à rendre certains résultats, l’ordinateur quantique aura besoin d’une dizaine de secondes ! 
Autre système qui appréhende certains problèmes combinatoires : les appareils informatiques fonctionnant à l’ADN. Avec un alphabet fait des quatre bases élémentaires de l’ADN et non plus binaire, et avec un fonctionnement non plus électrique mais chimique ; la puissance et la vitesse de calcul des ordinateurs deviennent phénoménales. Comment ? « Une machine actuelle possède de quatre à un millier de processeurs. Dans un ordinateur à ADN, l’équivalent d’un processeur est réduit à la taille d’une molécule ! Une éprouvette contient alors des milliards de milliards d’ordinateurs qui vont tous travailler en parallèle pour solutionner un problème posé » déclare Florent Becker, docteur en informatique à l’IXXI³, également invité du débat.
Avec de tels systèmes –quantique ou à ADN, de nombreuses avancées devraient voir le jour dans des domaines comme les jeux vidéo, la sécurité totale des systèmes de cryptage, la reconnaissance de la parole, la traduction simultanée, la haute résolution en 3D…
« Mais aura-t-on réellement besoin de telles puissances de calcul  dans nos PC pour effectuer la majorité des taches qu’on lui demande, soit rechercher sur Internet et lire des textes ? » se demande Eric Guichard, invité-expert du débat en tant que maître de conférence à l’ENSSIB⁴. Il ajoute que les techniques révolutionnent rarement nos modes de vie, même, c’est souvent l'inverse. Il importe donc de savoir si les utilisateurs s’approprieront de tels outils et en détourneront leur usage… ou les oublieront.

Fanny Blondin

¹ Laboratoire d’Electronique et de Technologie de l’Informatique - Commissariat à l’Energie Atomique
² Laboratoire d’Informatique de Grenoble
³ Institut des Systèmes Complexes
⁴ Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques

 

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